Utiliser une boussole avec une carte topographique posée sur des rochers au bord d'un lac

Pour utiliser une boussole avec une carte, on pose la plaquette sur la carte entre sa position et sa destination, on tourne le cadran pour aligner ses lignes de nord sur les méridiens, puis on se tourne jusqu’à ce que l’aiguille rouge recouvre la flèche du cadran. La flèche de direction indique alors le cap à suivre, qu’on tient en visant un repère fixe du paysage. C’est la méthode en trois temps du fabricant suédois Silva, et elle suffit pour la quasi-totalité des randonnées en France, où l’écart entre nord magnétique et nord de la carte reste faible.


Les pièces d’une boussole à plaquette, avant de l’utiliser

La boussole de randonnée la plus répandue est la boussole à plaquette, conçue pour se poser à plat sur une carte. Le guide d’initiation de l’Ordnance Survey, l’agence cartographique britannique, en décrit les cinq éléments utiles, et ce vocabulaire sert dans toute la suite de la méthode.

  • La plaquette : la base transparente, dont le bord droit sert à tracer une ligne entre deux points de la carte.
  • L’aiguille aimantée : son extrémité rouge pointe vers le nord magnétique.
  • Le cadran rotatif : la couronne graduée sur 360 degrés, que l’on tourne à la main.
  • Les lignes et la flèche d’orientation : gravées au fond du cadran, elles s’alignent sur le quadrillage ou les méridiens de la carte.
  • La flèche de direction : tracée sur la plaquette, elle indique la direction dans laquelle marcher.

L’Ordnance Survey ajoute une précaution simple pour utiliser une boussole : la tenir à l’écart du téléphone et des objets métalliques, qui faussent l’aiguille. En pratique, cela veut dire ranger le smartphone dans une autre poche que celle de la boussole, et ne pas viser au-dessus d’une boucle de ceinture, d’un piolet ou de la carrosserie d’une voiture.


Prendre un cap sur la carte avant de bouger

Utiliser une boussole commence sur la carte, avant de faire un pas. La méthode Silva en trois temps demande d’abord de placer la boussole sur la carte de façon que le bord de la plaquette forme une ligne droite entre votre position actuelle et votre destination. La flèche de direction doit pointer vers la destination, jamais vers le point de départ, sinon tout le calcul s’inverse.

Deuxième temps : sans bouger la plaquette, tu tournes le cadran jusqu’à ce que la partie rouge de sa flèche de nord soit parallèle aux méridiens de la carte et pointe vers le nord de la carte. Les lignes d’orientation au fond du cadran t’aident à vérifier ce parallélisme sur toute leur longueur. À ce stade, la graduation lue au repère de la plaquette donne l’azimut, c’est-à-dire l’angle entre le nord et la direction à suivre.

Ce travail se fait mieux à plat, carte dépliée sur un rocher ou sur le sac, qu’en tenant le tout à bout de bras dans le vent. Une erreur de quelques degrés semble minime sur le papier. Le tutoriel de l’IGN sur la boussole donne l’ordre de grandeur : une erreur de 1° sur un point visé à 6 kilomètres représente environ 100 mètres d’écart sur le terrain.


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Utiliser une boussole une fois le cap en main

Troisième temps : tu retires la boussole de la carte, sans toucher au cadran, et tu la tiens à l’horizontale devant toi, flèche de direction pointée vers l’avant. Tu tournes ensuite sur toi-même, avec la boussole, jusqu’à ce que l’extrémité rouge de l’aiguille vienne se placer exactement dans la flèche rouge du cadran. L’Ordnance Survey résume ce geste par une formule à retenir en anglais, « put red in the shed », mettre le rouge à l’abri.

Une fois l’aiguille calée, la flèche de direction montre le cap. Plutôt que de marcher les yeux rivés sur la boussole, choisis un repère fixe dans cet axe, comme un arbre reconnaissable, un rocher ou un sommet, puis marche jusqu’à lui. Arrivé au repère, tu recommences la visée vers le suivant. Cette progression par bonds évite de dériver insensiblement quand le terrain oblige à contourner un obstacle.

Dans une forêt dense où aucun repère ne se détache, les points de visée se rapprochent et les vérifications deviennent plus fréquentes. Notre guide pour s’orienter en forêt sans réseau détaille les autres moyens de garder une direction quand le couvert végétal ferme l’horizon.


Utiliser une boussole pour orienter la carte

Utiliser une boussole sert aussi à un geste plus simple que la prise de cap : orienter la carte, c’est-à-dire la tourner pour que ce qu’elle montre corresponde à ce que tu vois devant toi. Tu poses la boussole sur la carte, lignes d’orientation parallèles aux méridiens, flèche du cadran vers le nord de la carte, puis tu fais pivoter l’ensemble carte et boussole jusqu’à ce que l’aiguille rouge recouvre la flèche du cadran.

La carte orientée, une vallée qui part à ta gauche sur le papier part aussi à ta gauche sur le terrain. C’est le moment de vérifier ta position en reconnaissant deux ou trois éléments : un col, une ligne de crête, un ruisseau, la lisière d’un bois. Cette lecture du relief compte autant que le fait d’utiliser une boussole, car le cap n’a de valeur que si le point de départ est juste.

L’échelle de la carte change la précision de cette lecture. La Fédération française de la randonnée pédestre rappelle que la série TOP 25 de l’IGN est au 1:25 000, ce qui signifie qu’un centimètre sur la carte représente 250 mètres sur le terrain. À cette échelle, les courbes de niveau, les sentiers et les points d’eau sont assez détaillés pour se recaler régulièrement en route.


Utiliser une boussole avec la déclinaison magnétique

L’aiguille pointe vers le nord magnétique, qui ne coïncide pas exactement avec le nord de la carte. L’angle entre les deux s’appelle la déclinaison. Le tutoriel de l’IGN précise qu’elle est quasi nulle en France métropolitaine aujourd’hui, alors qu’elle atteint 14,5° à Montréal, et qu’elle varie d’un point du territoire à l’autre et dans le temps, puisque le pôle magnétique se déplace chaque année.

Pour un chiffre précis, le calculateur de la NOAA, l’agence américaine qui publie le modèle magnétique mondial, donne pour Paris une déclinaison de 2,08° vers l’est au 5 octobre 2026, avec une évolution de 0,15° par an. Ta propre valeur se calcule en entrant les coordonnées de ta zone de randonnée dans le calculateur de déclinaison de la NOAA, et la légende des cartes IGN l’indique aussi avec sa date de référence et sa variation annuelle.

Avec quelques degrés d’écart, la règle de l’IGN donne la mesure du risque : sur 6 kilomètres, chaque degré non corrigé pèse une centaine de mètres. Sur un itinéraire balisé ou une courte traversée vers un repère visible, cet écart se rattrape à vue. Pour utiliser une boussole sur une longue marche à l’azimut dans le brouillard, mieux vaut appliquer la correction indiquée dans la légende de ta carte.

Un piège concerne les vieilles cartes. D’après l’IGN, le bord de papier des anciennes cartes Série Bleue et TOP 25 éditées avant mars 2014 était orienté vers le nord géographique, alors que les cartes actuelles suivent la projection Lambert 93. Si tu dois utiliser une boussole avec une ancienne édition retrouvée au fond d’un placard, aligne le cadran sur les méridiens tracés à l’intérieur de la carte.


Les erreurs qui faussent l’usage quand tu veux utiliser une boussole

La première erreur est d’inverser la flèche de direction sur la carte, en la pointant vers le départ. Le cap obtenu est alors l’opposé exact de celui qu’il faut suivre, et tu t’en aperçois souvent trop tard. Vérifie toujours, avant de lever la boussole, que la flèche de la plaquette regarde vers la destination.

La deuxième est de tourner le cadran par mégarde entre la carte et le terrain, en rangeant la boussole dans une poche par exemple. Note l’azimut lu au repère avant de partir, pour pouvoir le régler à nouveau si la couronne a bougé.

La troisième tient à l’environnement : métal, téléphone, ligne électrique ou véhicule à proximité dévient l’aiguille. Éloigne-toi de quelques pas avant de viser. Enfin, Silva demande de tenir la boussole à l’horizontale pendant la visée : garde-la bien à plat dans la paume, à hauteur de poitrine.

Si malgré tout tu ne reconnais plus rien autour de toi, arrête-toi avant de marcher davantage. La méthode STOP pour la personne perdue en forêt donne l’ordre des réflexes à suivre pour reprendre la situation en main.


S’entraîner à utiliser une boussole avant d’en avoir besoin

La meilleure façon d’apprendre à utiliser une boussole reste l’exercice sur un terrain que tu connais déjà, par beau temps. Choisis deux points visibles sur la carte, une chapelle et un sommet par exemple, prends le cap sur le papier, puis vérifie sur place que la flèche de direction vise bien le bon repère.

Une fois ce geste acquis, refais l’exercice sur un trajet court hors sentier, en notant à l’arrivée l’écart entre le point visé et le point atteint. C’est le meilleur moyen de mesurer ta propre précision avant de compter sur elle dans le brouillard ou à la tombée de la nuit.

Le GPS et le téléphone rendent de grands services, mais ils dépendent d’une batterie et parfois d’un signal. Utiliser une boussole à plaquette avec une carte au 1:25 000 fonctionne sans énergie et par tous les temps, et la méthode en trois temps devient un réflexe après quelques sorties d’entraînement.