boussole au poignet consultée avec une carte topographique en pleine nature

Le jour où la batterie du téléphone meurt en pleine forêt, il ne reste que ce qu’on sait faire avec ses mains et le ciel.

  • La carte et la boussole restent la référence, à condition de corriger la déclinaison magnétique de la zone
  • Le soleil et une montre analogique donnent un cap fiable à quelques degrés près, de jour
  • La nuit, l’étoile polaire se repère en moins d’une minute grâce à la Grande Ourse
Sommaire

Carte et boussole, la méthode qui ne tombe jamais en panne

Une carte topographique papier de la zone, pliée dans une poche étanche, ne demande ni réseau ni batterie. Associée à une boussole, elle reste la méthode la plus fiable sur une sortie longue, à une condition souvent oubliée : corriger la déclinaison magnétique, l’écart entre le nord magnétique indiqué par l’aiguille et le nord géographique de la carte. Cet écart varie selon l’endroit du globe, parfois de plusieurs degrés, et il est indiqué en petit sur la légende de toute carte topographique sérieuse.

Orienter une carte consiste à la tourner jusqu’à ce que le nord dessiné dessus s’aligne avec le nord réel donné par la boussole, corrigé de la déclinaison. Une fois la carte orientée, les éléments du terrain (crête, cours d’eau, sentier) doivent se retrouver dans la même direction sur le papier que dans le paysage devant soi. C’est ce recoupement visuel, refait régulièrement en marchant, qui évite de dériver sans s’en apercevoir.


Trouver le nord avec l’ombre d’un bâton planté au sol

Sans boussole, un bâton d’environ un mètre planté bien droit dans un sol dégagé suffit à retrouver un cap fiable. Marquer au sol l’extrémité de l’ombre portée avec une pierre ou une branche, attendre 15 à 20 minutes, puis marquer la nouvelle position de l’ombre. La première marque indique l’ouest, la seconde l’est : une ligne tracée entre les deux donne un axe est-ouest, et la perpendiculaire donne le nord-sud.

Cette technique fonctionne parce que le soleil se déplace d’est en ouest dans le ciel, ce qui fait bouger l’ombre dans le sens inverse, d’ouest en est. Elle demande juste un peu de patience et un ciel dégagé, mais elle ne coûte rien et ne tombe jamais en panne de batterie.


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Transformer une montre analogique en boussole

Une montre à aiguilles, pointée vers le soleil avec la petite aiguille des heures, donne un cap approximatif en quelques secondes. Il suffit de pointer l’aiguille des heures vers le soleil, puis de tracer mentalement une ligne qui coupe en deux l’angle entre cette aiguille et le 12 (le 1 en heure d’été) : cette bissectrice pointe vers le sud dans l’hémisphère nord.

La précision de cette méthode se dégrade à mesure qu’on se rapproche de l’équateur, et elle ne fonctionne qu’avec une montre à aiguilles. Ce n’est pas un GPS de poche, mais elle donne un cap assez fiable pour trancher entre deux directions quand on hésite.


De nuit, l’étoile polaire en moins d’une minute

La nuit, la Grande Ourse (sept étoiles brillantes en forme de casserole) sert de point de départ. Les deux étoiles qui forment le bord extérieur de la « casserole », à l’opposé du manche, pointent directement vers l’étoile polaire : il suffit de prolonger mentalement la ligne qui les relie sur une distance d’environ cinq fois l’écart entre les deux étoiles.

L’étoile polaire se trouve à moins d’un degré du nord géographique réel, ce qui en fait le repère nocturne le plus fiable qui existe, sans instrument. Sa hauteur au-dessus de l’horizon correspond même approximativement à la latitude du lieu où on se trouve, un détail utile pour qui veut se repérer plus finement.


Lire le terrain plutôt que chercher des signes

La mousse pousse au nord des arbres : c’est sans doute le mythe le plus répandu en survie, et il est faux dans une vraie forêt. La mousse pousse là où l’humidité et l’ombre s’installent, une question de densité du couvert végétal autour d’elle. Dans un sous-bois dense avec de l’ombre de partout, elle pousse sur toutes les faces d’un tronc sans distinction.

Ce qui fonctionne mieux : suivre un cours d’eau vers l’aval mène généralement vers une vallée, souvent vers une route ou une zone habitée, puisque l’eau descend toujours vers le point le plus bas. Repérer un point haut dégagé permet de voir loin et de recouper plusieurs repères à la fois (clocher, ligne électrique, relief). Le bruit de l’eau qui coule porte loin en forêt calme et peut orienter vers un cours d’eau avant même de le voir.


Pourquoi combiner plusieurs méthodes plutôt qu’une seule

Aucune de ces techniques n’est parfaite prise isolément. La montre demande du soleil visible, l’étoile polaire demande un ciel dégagé la nuit, la lecture de terrain demande de l’expérience pour ne pas se tromper de repère. Recouper deux méthodes différentes, la carte et le soleil par exemple, donne une confiance bien plus solide qu’une seule technique suivie sans vérification.

Une montre GPS outdoor reste un bon complément technologique à ces méthodes, jamais un remplacement total : une batterie peut tomber à plat, un ciel étoilé ou un bâton planté au sol ne connaissent pas cette panne. Le socle matériel pour partir correctement équipé est détaillé dans notre guide du kit de survie 72h, et les bases générales de la discipline dans notre guide complet du bushcraft.

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