Raquettes à neige rouges et guêtres noires en marche sur une trace enneigée au soleil

Pour débuter en raquettes à neige, commence sur un itinéraire balisé ou en station, où la neige damée porte mieux, avec une paire de taille adaptée à ton poids équipé et des bâtons munis d’une large rondelle. Avance en levant la raquette par-dessus l’autre plutôt qu’en écartant les jambes, déplie les cales de montée dans les pentes et replie-les en dévers. Avant de quitter les sentiers balisés, lis le bulletin d’avalanche du massif, et garde tes premières sorties courtes.


Choisir la taille de ses raquettes à neige selon son poids

La surface de la raquette doit porter ton poids sur la neige, et ce poids se compte tout équipé. Le fabricant américain MSR, dans son guide des tailles de raquettes, demande d’additionner ton poids, les vêtements et chaussures que tu portes lors de la plupart de tes sorties, et le contenu habituel de ton sac. Pour une simple sortie à la journée, il propose d’ajouter 10 à 15 livres, soit 4,5 à 6,8 kg.

Le type de neige compte autant que la balance. Sur neige damée, une petite raquette suffit à presque tout le monde, alors qu’une neige molle et profonde demande plus de surface. MSR résume ses recommandations dans un tableau, exprimé en pouces et en centimètres pour la longueur :

Poids équipéNeige daméeNeige molleNeige molle et profonde
41 à 57 kg56 cm56 cm64 cm, ou 56 cm avec extensions
57 à 79 kg56 cm64 cm ou 56 cm64 cm, ou 56 cm avec extensions
79 à 102 kg56 cm64 cm, ou 56 cm avec extensions76 cm avec extensions, ou 56 à 64 cm avec extensions
Plus de 102 kg56 ou 64 cm56, 64 ou 76 cm avec extensions76 ou 64 cm avec extensions

Les extensions, ou queues, se fixent à l’arrière de certaines raquettes à neige pour ajouter de la portance le jour où la poudreuse est profonde ou le sac plus lourd. Selon MSR, la grande majorité des pratiquants trouvent leur compte avec une paire de 56 ou 64 cm et ces extensions. Le fabricant précise aussi que ses raquettes à neige pour femmes sont plus étroites d’environ 3/4 de pouce, soit 1,9 cm, pour une foulée plus naturelle, et que la perte de portance reste minime.


Fixations, cales de montée et crampons

La fixation relie la chaussure à la raquette par une charnière qui laisse le talon se soulever. MSR recommande les fixations à sangles pour les grandes pointures et les chaussures à grosse tige, parce qu’elles offrent la plus large plage de réglage. Essaie toujours ta paire avec les chaussures que tu porteras dehors.

La cale de montée est une petite barre qui se relève sous le talon. Xavier Argeles, sur le site spécialisé Randozone, explique qu’elle surélève l’arrière du pied pour qu’il reste horizontal, et qu’en forte pente elle facilite beaucoup la progression. Le même auteur conseille de tester les crampons, couteaux et pointes de ta paire de raquettes à neige sur neige dure et dans les montées raides avant d’en avoir besoin.

Côté chaussures, Randozone rappelle qu’elles doivent être imperméables, comme tes gants. Une paire de guêtres complète l’ensemble en bloquant la neige au niveau de la cheville, un accessoire présenté dans notre article sur les guêtres de randonnée.


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Les bâtons et leurs rondelles neige

Pour Randozone, les bâtons ne sont pas indispensables en raquettes à neige, mais ils aident à garder l’équilibre, surtout dans la neige profonde. Tes bâtons de randonnée d’été font l’affaire, à condition de remplacer l’embout par une rondelle large qui ne s’enfonce pas dans la neige.

Règle leur hauteur sur le terrain plat avant de partir, puis ajuste-la en montée et en descente. Notre guide pour régler la hauteur de ses bâtons de randonnée détaille ces réglages, qui restent valables en raquettes à neige.


Marcher en raquettes à neige : plat, montée, descente, dévers

Sur le plat, le premier réflexe consiste à écarter les jambes pour éviter que les raquettes ne se chevauchent. Xavier Argeles décrit cette façon de marcher comme très fatigante au bout de quelques heures, et préfère marcher normalement en soulevant chaque raquette pour qu’elle passe par-dessus l’autre. Garde le talon libre, à plat comme en montée.

En montée, relève les cales dès que la pente se redresse. En descente, Randozone explique qu’il peut parfois être préférable de bloquer l’arrière de la raquette, notamment pour aller vite, afin de protéger la charnière. En dévers, replie la cale, car elle te rend beaucoup plus instable sur une pente de côté.

La chute fait partie de l’apprentissage. Randozone rappelle que la charnière de fixation n’aime pas les torsions et conseille de t’entraîner à te relever dans la neige lors d’une première sortie, à un endroit sans danger, pour savoir comment t’y prendre le jour où tu tomberas plus loin du parking.


Où faire tes premières sorties en raquettes à neige

Dans son guide pour débuter en raquettes, Randozone recommande de commencer sur un domaine balisé : certains espaces nordiques ouvrent des itinéraires réservés aux raquettes à neige. La station est aussi un bon terrain d’apprentissage, car la neige damée te fait moins enfoncer. Choisis une randonnée avec peu de dénivelé et sans dévers.

Le même site conseille de ne pas partir trop loin ni trop longtemps les premières fois, puis d’allonger tes sorties au fil de l’hiver. Ne pars pas seul, connais le terrain, et garde de la marge sur ton niveau : la neige ralentit la marche, et la nuit tombe tôt en hiver.


Le risque d’avalanche, à lire avant de quitter le balisage

Hors des itinéraires balisés, le bulletin d’estimation du risque d’avalanche du massif, le BERA, devient ta lecture obligatoire de la veille. Il s’appuie sur l’échelle européenne de danger d’avalanches, dont l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF), en Suisse, publie la version complète avec ses recommandations. Elle compte cinq degrés : 1 faible, 2 limité, 3 marqué, 4 fort et 5 très fort.

Ce document classe le raquetteur parmi les « faibles surcharges », capables de déclencher une avalanche. Au degré 3, marqué, pronostiqué environ 30 % de l’hiver, le SLF compte environ 50 % des victimes, et il demande aux personnes peu expérimentées de rester sur les descentes et itinéraires ouverts, ce qui inclut les itinéraires de raquettes à neige balisés. Le même texte qualifie de raide une pente de plus de 30°, et de très raide une pente de plus de 35°.

Le degré 2, limité, couvre environ la moitié de l’hiver et environ 30 % des victimes selon le SLF, qui y conseille un choix prudent de l’itinéraire. Pour un débutant, la règle reste donc simple : sans formation avalanche, tu restes sur le balisage. Notre guide du bivouac en hiver montre comment le BERA se lit par altitude.

Le document du SLF liste aussi les signes d’alarme à repérer sur place : avalanches récentes, « woums », ce bruit sourd d’une couche de neige qui s’affaisse, et fissures qui courent dans le manteau. Il rappelle qu’au degré 4, fort, les personnes peu expérimentées restent sur les descentes et itinéraires ouverts, comme au degré 3. Il donne enfin des repères de neige fraîche critique : 10 à 20 cm quand les conditions sont défavorables, 20 à 30 cm quand elles sont moyennes, 30 à 50 cm quand elles sont favorables. Randozone signale de son côté le risque accru après de fortes chutes de neige et pendant la fonte.


S’habiller et remplir son sac pour la neige

Randozone conseille le système à trois couches : un tee-shirt à manches longues, une doudoune légère, plus épaisse par grand froid, et une veste coupe-vent. Notre article sur le système 3 couches en randonnée explique le rôle de chacune. Le site ajoute qu’il est inutile d’investir beaucoup pour débuter, à condition de prévoir une vraie couche chaude.

Ne pars jamais sans sac : de l’eau, de quoi manger et cette veste coupe-vent. Randozone signale que l’air froid et sec déshydrate sans qu’on s’en rende compte, et que le tuyau d’une poche à eau peut geler. Une gourde isolée ou une gaine pour le tuyau évite le problème. Emporte aussi des lunettes de soleil et une crème solaire d’indice plus élevé qu’en été, comme le recommande le même site.


Les erreurs fréquentes des débuts en raquettes à neige

Les conseils de MSR, de Randozone et du SLF permettent de repérer les faux pas les plus courants des premières sorties. La plupart se corrigent avant même de chausser.

  • Choisir sa taille de raquettes à neige sur son seul poids, sans compter vêtements, chaussures et sac.
  • Marcher les jambes écartées pendant des heures, une habitude que Randozone juge très fatigante.
  • Garder la cale de montée relevée dans un dévers, où elle déséquilibre.
  • Partir seul, trop loin ou trop longtemps dès la première fois.
  • Oublier de boire parce qu’il fait froid, alors que l’air sec déshydrate.
  • Sortir du balisage sans avoir lu le bulletin d’avalanche du massif.

Ta première sortie en raquettes à neige, point par point

ÉtapeÀ faire
La veilleItinéraire balisé, peu de dénivelé, sans dévers ; bulletin d’avalanche lu si tu sors du balisage
Le matérielRaquettes à la taille de ton poids équipé, bâtons à rondelle large, chaussures imperméables
Le sacEau, en-cas, veste coupe-vent, couche chaude, lunettes et crème solaire
Sur la neigePas normal en levant la raquette, cales en montée, cales repliées en dévers
La duréeCourte, à plusieurs, et allongée au fil des sorties

Pour ta première sortie, concentre-toi sur trois points : la bonne taille de raquettes à neige, une marche naturelle et un itinéraire choisi pour ton niveau. Loue une paire si tu hésites encore, garde le balisage tant que tu n’as pas suivi de formation avalanche, et allonge tes sorties au rythme de ton aisance.