Bivouac en hiver avec deux tentes enneigées au pied d'un grand sapin

Un bivouac en hiver se réussit avec trois choses : un sac de couchage choisi sur sa température de confort, un matelas assez isolant pour couper le froid du sol, et une lecture sérieuse de la météo et du risque d’avalanche avant de partir. La plupart de la chaleur se perd par le sol, bien plus que par l’air autour de toi. Pour un bivouac en hiver, ajoute un réchaud adapté au froid, utilisé dehors ou dans une abside bien ventilée, et une nuit sous la neige devient confortable.


Choisir son sac de couchage pour un bivouac en hiver

Les températures affichées sur les sacs de couchage suivent la norme EN ISO 23537. Le fabricant britannique Rab en détaille les trois valeurs dans sa page consacrée aux températures des sacs de couchage. La température de confort est la température minimum à laquelle une personne peut passer une bonne nuit dans une position détendue. La température limite est la plus basse à laquelle une personne recroquevillée peut encore dormir toute la nuit. La température extrême correspond à six heures maximum, recroquevillé, en luttant contre le froid.

Pour un bivouac en hiver, raisonne sur la température de confort, jamais sur l’extrême, qui décrit une situation de survie. Rab précise aussi deux limites de la norme : elle ne mesure rien sous -20 °C, et les mesures se font sur un mannequin posé sur un tapis de mousse ordinaire. Ton propre matelas change donc le résultat réel.

Notre guide du sac de couchage grand froid compare les modèles adaptés à ces conditions.


Le matelas, pièce maîtresse du bivouac hivernal

Therm-a-Rest, fabricant américain de matelas de randonnée, le rappelle dans ses conseils pour l’hiver : la perte de chaleur se fait principalement par conduction, c’est-à-dire au contact du sol. Il faut donc un matelas à la valeur R suffisante. Cette valeur mesure la résistance d’un matériau à la perte de chaleur. Depuis 2019, elle se calcule selon une norme commune, ASTM F3340, que Therm-a-Rest a développée avec d’autres fabricants pour que les chiffres soient comparables d’une marque à l’autre.

À titre de repère, Therm-a-Rest annonce une valeur R de 7,3 pour son NeoAir XTherm NXT, un modèle conçu pour le froid. La marque conseille aussi de glisser un matelas en mousse à cellules fermées sous le matelas gonflable pour renforcer l’isolation. L’explorateur polaire Eric Larsen, ambassadeur de la marque, recommande cette superposition sous zéro, et conseille de regonfler le matelas en début de soirée, parce que l’air qui refroidit perd du volume.

Pour aller plus loin, notre guide du matelas de sol isolant explique comment lire ces valeurs.


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Dormir au chaud pendant un bivouac en hiver

Le sac et le matelas ne font pas tout. Pendant un bivouac en hiver, le corps produit de la chaleur toute la nuit, et il lui faut du carburant pour ça. Eric Larsen conseille de manger avant de se coucher et d’aller aux toilettes juste avant de se glisser dans le sac, pour ne pas avoir à se relever en pleine nuit. Therm-a-Rest recommande de son côté les boissons chaudes, parce que le corps n’a pas à dépenser d’énergie pour les réchauffer : un thermos rempli au dîner sert aussi au réveil.

Réserve une tenue sèche uniquement pour la nuit, chaussettes comprises, et enfile-la une fois installé. Therm-a-Rest rappelle que l’humidité d’un vêtement mouillé peut geler, ce qui transforme une tenue humide en couche froide contre la peau. Change-toi dès l’arrivée au camp, avant que la sueur de la montée ne refroidisse.

Prépare aussi ton matériel avant la nuit tombée. Les journées sont courtes en hiver, et monter la tente, gonfler le matelas ou trouver le briquet à la frontale avec des gants épais prend bien plus de temps qu’en été. Range dans les poches de la tente ce dont tu auras besoin la nuit : frontale, bouteille, couche chaude.


Le réchaud et le gaz par temps froid

Le froid affaiblit les cartouches de gaz. MSR, le fabricant de réchauds, explique que le propane bout à -42 °C, ce qui en fait un très bon combustible par temps froid, alors que l’isobutane ne commence à bouillir qu’à -12 °C. Sa cartouche IsoPro mélange les deux. Un réchaud équipé d’un régulateur de pression fonctionne mieux quand la pression de la cartouche baisse avec le froid, et un réchaud qui accepte la cartouche retournée, comme le WindPro II de MSR, garde plus de puissance dans ces conditions. Therm-a-Rest note de son côté que les réchauds à combustible liquide restent plus réguliers par grand froid.

En bivouac en hiver, garde la cartouche au chaud la nuit, dans le sac de couchage ou contre toi, et réchauffe-la dans tes mains avant d’allumer. Notre comparatif des réchauds de camping indique lesquels supportent le mieux le froid.


Le danger du monoxyde de carbone sous la tente

Lors d’un bivouac en hiver, la tentation est forte de cuisiner tente fermée. Le NHS britannique cite expressément les réchauds de camping et les barbecues utilisés à l’intérieur ou dans une tente parmi les sources d’intoxication au monoxyde de carbone. Les symptômes listés sont des maux de tête, des vertiges, des nausées ou vomissements, une faiblesse, de la fatigue et de la confusion, des douleurs dans la poitrine et les muscles, et un essoufflement. La conduite à tenir est d’arrêter l’appareil, de sortir à l’air libre et de demander un avis médical au plus vite.

Cuisine dehors dès que possible, ou dans l’abside largement ouverte, jamais dans la chambre. Notre article sur le feu en abri fermé et l’intoxication détaille ce risque.


Météo, avalanches et hypothermie

En montagne française, le bulletin d’estimation du risque d’avalanche, le BERA, est valable en dehors des pistes balisées et ouvertes. Il note le risque de 1, faible, à 5, très fort, et le différencie souvent par altitude, par exemple « au-dessus de 2300 m indice de risque limité, plus bas indice faible ». L’échelle européenne des services d’avalanche précise qu’au niveau 3, marqué, un déclenchement est possible même par une faible surcharge, en particulier sur les pentes raides indiquées. Si tu n’as pas de formation avalanche, choisis un emplacement de bivouac en hiver loin de toute pente raide et de tout couloir.

L’autre risque est l’hypothermie. Le NHS la définit comme une baisse dangereuse de la température du corps sous 35 °C, avec comme signes des frissons, une peau pâle, froide et sèche, une élocution pâteuse, une respiration lente, de la fatigue ou de la confusion. Therm-a-Rest conseille de ne jamais dormir dans des vêtements mouillés, parce que l’humidité peut geler, et de privilégier les boissons chaudes, que le corps n’a pas à réchauffer.


Organiser son premier bivouac en hiver

ÉtapeÀ faire
La veilleBERA du massif, prévisions de vent et de neige, emplacement loin des pentes raides
Le sacSac de couchage choisi sur la température de confort, matelas gonflable et mousse superposés
Le soirVêtements secs pour la nuit, boisson chaude, repas complet, matelas regonflé
La nuitCartouche de gaz et chaussettes de rechange dans le sac de couchage

Pour un premier bivouac en hiver, choisis une sortie courte, à moins d’une heure d’un point de repli, et une nuit annoncée calme. Vérifie aussi que le bivouac est autorisé à l’endroit visé : notre article sur le bivouac légal en France fait le point sur les règles.