Le chemin de Stevenson, balisé GR70, relie Le Puy-en-Velay à Alès sur 272 km, en 12 à 14 jours de marche selon l’association qui en assure la promotion. Il reprend le voyage que l’écrivain Robert Louis Stevenson fit en 1878 avec son ânesse Modestine, à travers le Velay, le Gévaudan, le mont Lozère et les Cévennes. La meilleure période va de mai à octobre, les gîtes se réservent à l’avance et des loueurs d’ânes jalonnent le parcours. Dans le cœur du Parc national des Cévennes, le bivouac reste permis pour une nuit, de 19 h à 9 h, à moins de 50 m du sentier balisé.
D’où vient le chemin de Stevenson
L’association Sur le chemin de Robert Louis Stevenson retrace l’histoire dans sa page historique. L’écrivain écossais quitte Le Monastier-sur-Gazeille le 22 septembre 1878, à pied, avec Modestine pour porter son bagage. Il arrive à Saint-Jean-du-Gard douze jours plus tard, après environ 220 km. Son journal de route paraît à Londres en 1879 sous le titre anglais Travels with a Donkey in the Cévennes, traduit par Voyage avec un âne dans les Cévennes.
Les sources ne datent pas le balisage de la même façon. La Fédération française de randonnée, dans sa fiche du GR70, écrit que le GR actuel fut balisé en 1978 pour le centenaire du voyage. L’association situe en 1978 une commémoration organisée par le Club Cévenol, et en 1993 le balisage et le classement en GR70 par la fédération, accompagné d’un topo-guide publié avec Chamina. Elle a lancé en 2009 une démarche pour faire reconnaître le tracé comme Itinéraire culturel européen, avec un dossier déposé en 2013 auprès du Conseil de l’Europe ; sa page, qui signale la mention encore en attente en 2015, ne confirme pas son obtention.
Tracé, distance et altitudes du chemin de Stevenson
Le GR70 actuel déborde le trajet de 1878 aux deux bouts. L’association le fait partir du Puy-en-Velay et arriver à Alès, pour 272 km à travers quatre départements : la Haute-Loire, l’Ardèche, la Lozère et le Gard. La FFRandonnée retient la même distance et découpe le chemin de Stevenson en quatre territoires, le Velay, le Gévaudan, le mont Lozère et les Cévennes.
Les altitudes diffèrent selon la page consultée. La fédération indique des altitudes comprises entre 600 et 1 500 mètres, avec un point culminant au mont Lozère, à 1 700 mètres, et prévient que le dénivelé est sensible. L’association annonce de 128 m à 1 699 m pour l’ensemble du tracé, et parle de 700 à 1 700 m dans ses conseils sur la période de départ. Retiens surtout que le passage du mont Lozère approche les 1 700 m, ce qui pèse sur le choix de la saison.
Le balisage suit les marques blanches et rouges des GR, dans les deux sens de marche, précise l’association. Tu peux donc marcher du sud vers le nord, même si les professionnels du chemin travaillent en général dans le sens nord-sud.
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Découper le chemin de Stevenson en étapes
Sur sa page pour choisir ses étapes, l’association explique que le chemin de Stevenson se divise traditionnellement en 12 étapes d’une vingtaine de kilomètres, et qu’il faut de 12 à 14 jours pour relier Le Puy-en-Velay à Alès. La fédération parle de 14 étapes en moyenne. Les villages sont assez nombreux pour bâtir tes propres étapes selon ton temps et ta forme.
| Temps disponible | Proposition de l’association |
|---|---|
| Deux semaines | Le Puy-en-Velay à Alès, 272 km |
| Une semaine, première moitié | Le Puy-en-Velay à Chasseradès, 130 km, ou au Bleymard, 146 km |
| Une semaine, seconde moitié | Chasseradès ou Le Bleymard à Alès, 142 ou 126 km selon le point de départ |
| Trois jours | Un secteur : Le Puy à Langogne, 70 km ; Langogne à Chasseradès, 60 km ; Chasseradès à Florac, 65 km ; Florac à Alès, 77 km |
Avec une semaine seulement, l’association conseille de couper l’itinéraire en deux et de garder la seconde partie pour un autre séjour. Avec moins d’une semaine, elle recommande de se concentrer sur un seul secteur. Sa foire aux questions signale l’étape la plus longue, du Pont-de-Montvert à Florac, avec 28,5 km. Une halte au gîte d’étape de Mijavols, en s’écartant un peu du chemin, la coupe en deux journées d’environ 15 km.
La dernière étape, de Saint-Jean-du-Gard à Alès, est jugée très difficile pour les cavaliers et les vététistes, avec de nombreux passages sur rochers et des portions très escarpées. L’association les oriente vers un itinéraire bis, prévu pour les randonneurs accompagnés d’un âne. Comme pour préparer le GR20 en Corse, pose ce découpage sur la carte avant de réserver quoi que ce soit.
Quand partir sur le chemin de Stevenson
L’association place la meilleure période de mai à octobre, parce que le chemin de Stevenson monte jusqu’à 1 700 mètres. Elle conseille aussi de commencer en semaine plutôt que le week-end, pour trouver plus facilement de la place dans les hébergements. La fédération juge le sentier praticable toute l’année, en rappelant la forte chaleur de l’été et la possibilité de marcher sous la neige en hiver. Si tu pars en juillet ou en août, notre guide pour savoir combien d’eau emporter en randonnée t’aidera à remplir tes gourdes.
L’hiver demande une vraie préparation. Hors saison, l’association demande de vérifier au préalable que des hébergements et des points de ravitaillement sont ouverts. Certains hébergeurs s’engagent à ouvrir de la Toussaint à Pâques, repérés par un logo en forme de flocon, et la réservation y devient obligatoire au moins 8 jours à l’avance. Sur les portions enneigées, il faut prévoir raquettes ou ski de fond, car le balisage disparaît sous la neige. L’association met aussi en garde contre la tourmente, la tempête de neige locale.
Gîtes et hébergements : réserver ses nuits
Le long du chemin de Stevenson, l’association recense des hôtels, des auberges, des chambres d’hôtes, des gîtes d’étape, des campings et des aires naturelles. La FFRandonnée met en avant les nombreux gîtes d’étape adaptés, qui facilitent le découpage, et conseille de réserver à l’avance en raison de la fréquentation. Les hébergements sont pratiquement tous ouverts de Pâques à la Toussaint, et accueillent les randonneurs de préférence à partir de 16 h.
L’association juge les réservations vivement conseillées, car certaines étapes ne comptent qu’une ou deux petites structures. Elle ne prend elle-même aucune réservation : chaque hébergeur se contacte directement. Sur le Tour du Mont-Blanc et ses refuges, une plateforme centralise une partie des réservations, ce qui n’existe pas ici. Les prix affichés restent indicatifs et n’incluent pas toujours la taxe de séjour. Si tu préfères marcher léger, plusieurs organismes assurent le transport des bagages : ils les récupèrent chaque matin et les déposent à l’étape suivante.
Marcher avec un âne sur le chemin de Stevenson
Partir avec un âne sur le chemin de Stevenson reste la façon la plus fidèle de suivre l’écrivain. La FFRandonnée signale des loueurs d’ânes tout le long du sentier et juge ce GR l’un des plus adaptés aux ânes de bât. La page de l’association consacrée à la location liste des loueurs répartis sur les secteurs du Velay, du Gévaudan, du mont Lozère et des Cévennes, du Monastier-sur-Gazeille à Vialas.
Adapte ton rythme à l’animal. La foire aux questions de l’association donne une allure d’environ 3 km par heure et une charge moyenne de 40 kg. Un âne peut porter un enfant, à condition de toujours respecter cette charge maximale. Ton chien peut aussi venir : vérifie que l’hébergeur l’accepte, signalé par un logo dédié, et tiens-le en laisse dans la zone centrale du parc national.
Bivouac dans le Parc national des Cévennes
Une partie du chemin de Stevenson traverse le cœur du Parc national des Cévennes, où le bivouac obéit à un texte précis. L’arrêté n° 2014-0007 du 20 janvier 2014, signé par Jacques Merlin, alors directeur de l’établissement public du parc, et toujours indiqué en vigueur sur la base réglementaire de l’Ineris, n’autorise le bivouac que si toutes les conditions suivantes sont réunies :
- randonneur non motorisé ;
- sous une tente légère où l’on ne peut pas se tenir debout, ou sans tente ;
- pour une seule nuit, entre 19 h et 9 h ;
- le long des itinéraires balisés GR et GRP, à 50 m au plus de chaque côté.
Dans tous les autres cas, le bivouac est interdit en cœur de parc. Le même arrêté exclut plusieurs tronçons, dont une portion du chemin de Stevenson près du sommet de Finiels, sur le mont Lozère. Le feu y est limité à un réchaud portatif, à plus de 200 m des bois, forêts, plantations et reboisements, dans le respect des arrêtés préfectoraux. Hors du cœur de parc, les règles générales s’appliquent : notre article sur le bivouac légal en France les détaille. Vérifie la réglementation de l’année auprès du parc avant de partir.
Ravitaillement et eau entre les villages
Certaines étapes sont dépourvues d’épicerie et de boulangerie, prévient l’association. Plusieurs villages ou hameaux n’offrent aucun ravitaillement : Goudet, Luc, Cheylard-l’Évêque, Mirandol, Le Bonnetès, Les Alpiers, Finiels, Mijavols et Cocurès. Prévois tes pique-niques à l’avance, ou demande à ton hébergeur de les préparer.
Pour l’eau, sa liste de matériel demande seulement d’en emporter en quantité suffisante. Sur les tronçons sans village ravitaillé, remplis tes gourdes à l’hébergement du matin, selon la longueur de l’étape.
Brochure, topo-guide et transports pour le départ
Pour préparer le chemin de Stevenson, l’association propose une brochure gratuite, dans sa version 2026, à télécharger ou à recevoir sur papier à la demande, ainsi qu’une application numérique. La fédération renvoie de son côté à son topo-guide, Le Chemin de Stevenson, référence 700.
Côté transports, certaines étapes seulement disposent d’un service de bus ou de train pour rejoindre une autre étape. L’association détaille les accès en transports en commun dans une rubrique dédiée, avec les taxis qui transportent personnes et bagages. Avant de partir, elle invite aussi à consulter les prévisions de Météo-France, publiées pour plusieurs points du chemin de Stevenson.
Le chemin de Stevenson en un coup d’œil
| Point | Repère |
|---|---|
| Départ et arrivée | Le Puy-en-Velay et Alès, ou Le Monastier-sur-Gazeille et Saint-Jean-du-Gard pour le trajet de 1878 |
| Distance | 272 km pour le GR70 complet |
| Durée | 12 à 14 jours, 12 à 14 étapes selon la source |
| Période | Mai à octobre, hiver possible avec hébergements réservés 8 jours avant |
| Hébergement | À réserver directement auprès de chaque hébergeur |
| Âne | Location sur tout le parcours, environ 3 km/h, 40 kg de charge en moyenne |
| Bivouac en cœur de parc | Une nuit, 19 h à 9 h, à 50 m au plus du GR, hors tronçons exclus |
Commence par fixer ton nombre de jours, puis choisis entre le GR70 complet et un secteur. Réserve ensuite tes nuits auprès de chaque hébergeur, et décide si un âne t’accompagne, puisque son pas de 3 km par heure change la longueur des étapes.


