Randonneur qui rassure une personne en état de choc assise au sol en pleine nature

Face à une personne en état de choc, ce que tu fais dans les premières minutes compte autant que n’importe quel geste technique plus tard. Ce qui suit reprend les gestes de premiers secours reconnus, ceux qu’enseigne la Croix-Rouge française dans ses formations grand public : reconnaître les signes, savoir quoi faire, savoir surtout ce qu’il ne faut jamais faire, et connaître la limite au-delà de laquelle seuls des secours professionnels peuvent réellement aider.


Les signes du choc, ce qu’on peut observer sans être médecin

Le choc, au sens des premiers secours, désigne une défaillance de la circulation sanguine, un mécanisme physiologique, au-delà de la simple émotion forte. Les signes qu’on peut observer sans formation médicale : une peau pâle, moite et froide, un pouls rapide mais faible, une respiration accélérée, une confusion ou une lenteur inhabituelle à répondre, parfois une soif intense. Une personne en état de choc peut aussi paraître étrangement calme ou au contraire agitée, ce qui rend le signe facile à manquer si on ne sait pas quoi chercher.

Le choc peut suivre une blessure physique (hémorragie, traumatisme), mais aussi un choc purement émotionnel après un événement violent ou effrayant. Les deux méritent la même vigilance dans les premières minutes.


Les gestes simples qui aident réellement

Allonger la personne si possible, surélever légèrement les jambes en l’absence de blessure qui l’interdit (fracture, traumatisme au dos), la couvrir pour limiter la perte de chaleur, et surtout, rester calme et parler d’une voix posée. La voix compte plus qu’on ne le pense : une personne en état de choc capte le ton avant les mots, et un ton paniqué de la personne qui l’assiste aggrave souvent l’état plutôt que de rassurer.

Rester avec elle, ne jamais la laisser seule, et surveiller en continu sa respiration et son état de conscience en attendant les secours ou en se dirigeant vers de l’aide.


D’autres articles sur WildSurvival


Ce qu’il ne faut jamais faire face à une personne en état de choc

Ne jamais donner à boire ou à manger à une personne en état de choc, même si elle le demande : en cas de besoin d’intervention chirurgicale rapide, un estomac plein complique sérieusement la prise en charge médicale. Ne jamais la déplacer inutilement si une blessure à la colonne est possible, sauf danger immédiat (feu, éboulement, noyade en cours). Ne jamais minimiser ce qu’elle ressent ou la brusquer pour qu’elle « se reprenne » : ça n’accélère rien et ça peut aggraver l’état de choc.


La position latérale de sécurité, un geste à connaître même sans formation

Si la personne en état de choc perd conscience mais respire normalement, la position latérale de sécurité (PLS) évite qu’elle s’étouffe si elle vomit ou que sa langue bascule en arrière et bloque les voies respiratoires. Le principe : allongée sur le côté, la tête légèrement basculée vers le bas et vers l’arrière, la jambe du dessus pliée pour stabiliser le corps dans cette position, la bouche orientée vers le sol pour que tout liquide s’évacue plutôt que de descendre dans les poumons. Ce geste, enseigné dès la formation la plus courte de la Croix-Rouge, se pratique idéalement en formation réelle plutôt qu’appris uniquement par description, mais reste préférable à ne rien faire face à quelqu’un d’inconscient qui respire encore.


Reconnaître la panique chez soi-même

Aider quelqu’un d’autre devient impossible si la panique prend le dessus chez toi en premier. Les signes à reconnaître chez soi ressemblent à ceux qu’on cherche chez l’autre : respiration qui s’accélère, pensées qui s’emballent, difficulté à se concentrer sur une seule action à la fois. Le réflexe qui marche le mieux dans l’instant : respirer lentement, nommer à voix haute ce qui se passe autour (« il est blessé à la jambe, je dois d’abord arrêter le saignement »), et se concentrer sur une seule action concrète avant de penser à la suivante.


Les limites, quand appeler les secours sans attendre

Certains signes ne laissent aucune place à l’hésitation : perte de conscience, respiration très irrégulière ou absente, hémorragie qui ne s’arrête pas malgré une pression directe, douleur thoracique intense. Dans ces cas, appeler les secours (15 ou 112 en France) immédiatement prime sur tout le reste, y compris sur l’envie de « gérer soi-même » la situation, exactement la doctrine que la Croix-Rouge enseigne dès sa formation la plus courte, l’initiation aux gestes qui sauvent. Les gestes de premiers secours ont un rôle précis, celui de stabiliser en attendant, jamais celui de remplacer une prise en charge médicale professionnelle.


Le contrecoup émotionnel, ce qui arrive après que le danger soit passé

Une fois la situation stabilisée et les secours arrivés, le contrecoup émotionnel touche souvent autant la personne qui a aidé que celle qui était en état de choc. Tremblements, sentiment d’irréalité, fatigue soudaine et intense une fois la tension retombée : des réactions normales après avoir géré une situation grave, qui n’ont rien à voir avec un signe de faiblesse. Se donner le temps de récupérer, en parler à quelqu’un plutôt que de minimiser ce qu’on vient de vivre, et ne pas reprendre immédiatement une activité normale comme si de rien n’était aide à digérer l’événement plutôt qu’à l’enfouir. Avoir eu peur après coup est une réaction saine : la preuve que le corps a bien mesuré la gravité de ce qui venait de se passer.


Maillage

Pour signaler ta position à des secours quand le réseau ne passe pas, voir notre article sur comment signaler sa position en cas de détresse. Et pour un moyen de signalement autonome, notre comparatif des balises SOS survie complète cet article. Pour comprendre les mécanismes du stress avant même qu’une urgence arrive, notre article sur la psychologie de la survie, publié cette semaine, prépare le terrain. Et si la situation se déroule en ville plutôt qu’en pleine nature, notre article sur la survie en ville après une catastrophe, publié cette semaine, couvre les réflexes propres à ce contexte.