Les encoches au couteau servent à assembler deux bâtons, à suspendre une gamelle au-dessus du feu ou à protéger la tête d’un piquet de tarp. Elles se taillent presque toutes selon le même principe : des coupes en travers des fibres délimitent l’entaille, puis des copeaux taillés en biais vident le bois entre elles, en reprenant ces coupes à mesure que tu creuses. Pour débuter, six formes couvrent l’essentiel du camp : la crémaillère, l’encoche en V, l’encoche en selle, la réduction de diamètre, la section carrée et la tête de piquet.
Le bâton d’essai, l’école des encoches au couteau
Pour apprendre les encoches au couteau, l’école de bushcraft Woodland Ways passe par le bâton d’essai, le « try stick » des anglophones. L’école Woodland Ways présente cet exercice sur son blog : un seul bâton sur lequel on enchaîne, d’un bout à l’autre, les entailles dont on aura besoin dans les bois. L’instructeur Mors Kochanski l’a mis au point dans les années 1960 comme outil d’enseignement, à partir de techniques vues dans une brochure scoute, réunies sur une seule pièce de bois.
Tu travailles chaque forme au calme et tu vois sur le même morceau de bois quelles encoches au couteau sortent nettes et lesquelles éclatent encore. Woodland Ways en aligne treize, de la simple tête taillée à la mortaise carrée. Une fois les gestes acquis, tes encoches au couteau retrouvent leur place au camp, sur une crémaillère, un piquet ou un assemblage de bâtons.
Choisir le bois et préparer la lame
Woodland Ways recommande un bâton droit, aussi peu noueux que possible, de l’épaisseur d’un pouce, soit 2 à 3 cm, et aussi long que la distance entre ton aisselle et le bout de tes doigts. Le saule s’y prête bien, et l’école fait sa démonstration sur du noisetier. Le bois vert se travaille, mais un bois un peu plus sec rétracte moins, ce qui compte pour des encoches au couteau qui doivent rester emboîtées.
Côté outil, notre comparatif couteau, hache ou scie selon la tâche t’aide à choisir la lame adaptée à ces petits travaux de précision. Les deux écoles citées dans cet article insistent sur une lame bien affûtée. Avant ta première séance, repasse le fil avec notre méthode pour affûter un couteau de bushcraft.
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Tailler des encoches au couteau sans se blesser
Paul Kirtley, fondateur et instructeur principal de l’école Frontier Bushcraft, consacre un article entier à la sécurité au couteau sur le blog de son école. Sa règle de base tient en une phrase : couper en éloignant la lame de ton corps et de tes membres. Il rappelle qu’une coupure de l’artère principale, qui court à l’intérieur de la cuisse, peut être mortelle.
Il conseille de travailler assis, les coudes posés sur les genoux, pour que le couteau reste loin de tes jambes. La prise la plus courante reste la prise en main normale, qui donne selon lui des coupes puissantes et sûres. Il demande aussi de surveiller la main qui tient le bâton.
Garde de l’espace autour de toi : si quelqu’un se trouve à portée de ton bras, il est trop près. Range le couteau dans son étui dès que tu poses ton bâton, l’endroit le plus sûr pour une lame selon Kirtley, et porte sur toi une petite trousse de secours pour soigner une coupure.
La crémaillère, l’encoche qui tient la gamelle
La crémaillère est un bâton entaillé de plusieurs crans, accroché au-dessus du feu, qui porte l’anse d’une gamelle ou d’une bouilloire. Paul Kirtley détaille la taille de ces crans à bec. Pars d’une pousse droite qui porte une branche latérale, garde la tige principale longue et recoupe la branche à environ 2 cm de la jonction : ce moignon devient le crochet du bas. Coupe le bout de tige qui dépasse sous la jonction, il accrocherait les couvercles.
Les crans se taillent sur la tige principale, du même côté que le crochet, le long d’une ligne verticale imaginaire. Pour chaque cran, trace un X centré sur cette ligne : ses deux traits sont des coupes d’arrêt, qui fixent l’emplacement exact de l’entaille. Taille ensuite en biais, en t’éloignant du crochet, en poussant le dos de la lame avec le pouce de ta main libre pour garder le contrôle.
La coupe d’arrêt reste peu profonde au début, alors va doucement pour ne pas la dépasser. Après un copeau ou deux, repasse dedans pour l’approfondir, puis alterne les deux côtés du X en gardant intact le petit triangle de bois du haut. Quand les coupes sont bien installées, creuse légèrement sous l’entaille jusqu’à la profondeur voulue, sans jamais retirer de bois sous le bec, ce qui ne ferait que l’affaiblir. Plusieurs crans superposés te laissent régler la hauteur de la gamelle, même quand elle est déjà accrochée.
Encoche en V et encoche en selle pour assembler deux bâtons
Pour emboîter deux bâtons qui se croisent, Woodland Ways décrit deux encoches au couteau. L’encoche en V reçoit un second bâton dont l’extrémité est taillée en arête triangulaire. Attaque un côté du V, puis l’autre, en l’élargissant à chaque passe jusqu’à atteindre le milieu du bâton.
L’encoche en selle accueille un bâton rond posé en travers. C’est un creux arrondi, mené jusqu’à mi-épaisseur, aussi large que le bâton qui viendra s’y loger. L’école la taille avec la partie courbe de la lame, du ventre vers la pointe, d’un mouvement tournant. Ces deux formes servent chaque fois que deux pièces doivent se croiser sans glisser.
Réduction de diamètre, section carrée et mortaise
Certaines encoches au couteau font le tour du bâton. La réduction de diamètre sert à fixer une sangle de cuir ou un cordon, pour une poignée de transport ou un bouton de fermeture en bois. Woodland Ways la taille en deux coupes parallèles autour du bâton, retire le bois entre elles, et reprend les coupes au fur et à mesure pour que le bois n’éclate pas au-delà.
La section carrée suit la même méthode et laisse des faces planes. Ces faces augmentent le frottement entre deux bâtons ligaturés ensemble. L’école cite aussi l’encoche à loquet à 90 degrés, moitié encoche en V et moitié entaille droite, qui sert à fabriquer un loquet. La mortaise à la pointe du couteau ouvre un trou carré pour passer un lien : on amincit d’abord le bâton à environ un tiers de son diamètre, on dessine le carré à la pointe en travers du fil, puis on vide les copeaux des deux côtés. Le carré évite les bords pelucheux d’un perçage en rotation.
La tête de piquet taillée à 45 degrés
La première des encoches au couteau du bâton d’essai protège la tête des piquets de tente et de tout bois sur lequel on frappe. Woodland Ways procède par coupes répétées à environ 45 degrés tout autour de l’extrémité, jusqu’à pouvoir casser le bout, puis aplanit la tête obtenue. Cette tête chanfreinée protège le haut du piquet des coups portés pour l’enfoncer.
Si tu tends une toile pour la nuit, notre guide pour monter un tarp en bivouac te montre comment les placer selon la configuration choisie et la météo.
Quelle encoche tailler pour quel usage
| Encoche | Usage au camp | Repère de taille |
|---|---|---|
| Crémaillère à bec | Suspendre une gamelle et régler sa hauteur | X de coupes d’arrêt, crans du côté du crochet |
| Encoche en V | Emboîter un bâton taillé en arête | Élargir chaque côté jusqu’au milieu |
| Encoche en selle | Poser un bâton rond en travers | Creux arrondi jusqu’à mi-épaisseur |
| Réduction de diamètre | Fixer une sangle ou un cordon | Deux coupes parallèles, bois retiré entre elles |
| Section carrée | Plus de frottement entre bâtons ligaturés | Même méthode, faces planes |
| Tête de piquet | Encaisser les coups | Coupes à 45 degrés, tête aplanie |
Pour progresser dans tes encoches au couteau, suis l’ordre du bâton d’essai de Woodland Ways, qui commence par la tête de piquet et la réduction de diamètre avant la crémaillère et les assemblages. Travaille assis, coudes sur les genoux, et range la lame dans son étui entre deux encoches au couteau, comme le demande Paul Kirtley.


