Multitool pince multifonction ouvert posé sur une surface en bois

Un bon multitool remplace une trousse à outils entière dans la poche d’un sac, à condition de choisir le bon compromis entre nombre de fonctions, poids et facilité d’usage. Le Leatherman Sidekick couvre l’essentiel pour un premier investissement. Le Leatherman Wave+ reste la référence milieu de gamme, fiable pour un usage régulier. Le Victorinox SwissTool Spirit Xc mise sur la finition et l’accessibilité des outils pour qui veut le meilleur, quitte à payer le poids en plus.

  • Premier investissement : Leatherman Sidekick, 12-14 outils, solide pour débuter
  • Milieu de gamme : Leatherman Wave+, 18 outils, garantie 25 ans
  • Investissement premium : Victorinox SwissTool Spirit Xc, 24 fonctions, finition supérieure
Sommaire

Multitool, le comparatif en un coup d’œil

Trois profils d’investissement, trois niveaux d’équipement. Voici l’essentiel avant de creuser chaque modèle.

ModèlePoidsOutilsProfil
Leatherman Sidekick~198 g12-14Premier multitool, usage occasionnel
Leatherman Wave+241 g18Usage régulier, bricolage et outdoor
Victorinox SwissTool Spirit Xc210 g24Finition premium, usage exigeant

Le nombre d’outils compte moins que leur qualité

Le Victorinox SwissTool Spirit Xc affiche 24 fonctions contre 18 pour le Wave+ et 12-14 pour le Sidekick, mais ce chiffre brut raconte moins que ce qu’on pourrait croire. Une bonne partie des fonctions supplémentaires sur les modèles les plus complets se recoupent (plusieurs tournevis de tailles proches, par exemple), et l’écart réel d’usage quotidien entre 14 et 24 outils reste souvent plus faible que l’écart affiché sur la fiche technique.

Ce qui compte davantage, c’est la qualité d’exécution des outils réellement utilisés au quotidien, pince, couteau, tournevis et ciseaux en tête. Le Sidekick s’en sort bien sur ce point précis malgré son tarif réduit, avec une scie à bois qui « performe aussi bien que les scies des outils plus chers de Leatherman » selon le test consulté, et un tournevis Phillips 3D qui « fonctionne très, très bien ». Ce phénomène de gonflage du chiffre affiché n’est pas propre à cette gamme : le comparatif OutdoorGearLab consulté relève par exemple que neuf des fonctions annoncées sur un modèle concurrent de la catégorie sont en réalité toutes contenues dans les mâchoires des pinces, comptées séparément sur la fiche produit alors qu’elles ne représentent qu’un seul geste d’utilisation. Comparer les modèles sur leurs fonctions distinctes, plutôt que sur le total affiché, donne une image plus fidèle de ce que chaque outil apporte. Le poids compte aussi différemment selon la durée de la sortie : sur une randonnée à la journée, la différence entre 198 g et 241 g passe presque inaperçue, mais sur un trek de plusieurs jours où chaque gramme s’additionne à celui du reste du sac, cet écart pèse davantage, sans pour autant justifier de sacrifier la fiabilité pour quelques dizaines de grammes économisés. Le bon calcul reste de peser l’ensemble du kit plutôt qu’un seul objet isolément, une logique qui rejoint celle développée pour le choix d’un réchaud de camping.


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Pinces à ressort ou classiques, la différence à l’usage

Le Sidekick embarque des pinces à ressort (spring-loaded) qui se rouvrent automatiquement après chaque pression, un gain de rapidité appréciable pour qui répète le même geste de préhension plusieurs fois d’affilée, sertir un fil électrique par exemple. Un exemple concret : sertir plusieurs colliers de serrage d’affilée sur une réparation de tente ou de sac à dos va nettement plus vite avec des pinces à ressort qu’avec des pinces classiques qu’il faut rouvrir à la main entre chaque geste. Le Wave+ fait l’impasse sur ce mécanisme : ses pinces s’ouvrent et se referment manuellement, ce qui demande un geste actif à chaque utilisation mais reste tout aussi fiable pour des travaux ponctuels.

Ce choix de conception illustre bien la logique différente des deux gammes Leatherman : le Sidekick, plus récent et plus orienté grand public, intègre des standards de confort d’usage que le Wave+, conçu avant tout pour la robustesse et la réparabilité (coupe-fils remplaçables), n’a jamais cherché à ajouter. Aucun des deux choix n’est objectivement supérieur, la préférence dépend avant tout du type de tâches répétées le plus souvent. Si je devais trancher pour un usage bushcraft au quotidien, je pencherais quand même pour le Sidekick : ce gain de rapidité se sent à chaque sortie, bien plus qu’une fiche technique ne le laisse deviner.


Outils accessibles sans déployer les pinces, un détail qui compte

Pourquoi déployer tout le multitool juste pour sortir une lame ? Sur le Wave+, une bonne partie des outils secondaires (lames, limes, ouvre-bouteille) restent accessibles depuis l’extérieur, sans avoir à ouvrir complètement l’outil en mode pince. Un détail pratique pour un usage rapide, où sortir juste une lame ne demande pas de déployer tout le multitool. Le Victorinox SwissTool Spirit Xc pousse cette logique encore plus loin : la totalité de ses fonctions, à l’exception des pinces et du coupe-fil intégré, restent accessibles sans jamais déployer les pinces, chaque outil se sortant et se verrouillant indépendamment depuis l’extérieur du boîtier.

Cette accessibilité se paie en poids et en épaisseur du boîtier chez Victorinox, un compromis assumé par la marque au profit de la commodité d’usage. Pour un usage où le multitool sort et se range plusieurs fois par heure, comme sur un chantier de bivouac en autonomie complète, ce détail pèse plus lourd qu’il n’y paraît sur la fiche technique.


Quel acier pour quelle utilisation

Le Leatherman Sidekick et le Leatherman Wave+ utilisent tous deux un acier 420HC, un inoxydable courant sur les outils multifonctions grand public : facile à réaffûter, résistant à la corrosion, mais qui perd son tranchant un peu plus vite qu’un acier plus dur sur un usage de coupe intensif. Cette limite pèse peu pour un usage multitool classique, où la lame sert surtout à des tâches ponctuelles plutôt qu’à de la coupe répétée comme sur un couteau dédié.

Le Victorinox SwissTool Spirit Xc ne communique pas un acier unique pour l’ensemble de ses fonctions, chaque outil étant optimisé pour son usage propre (la lame principale et les pinces n’utilisent pas nécessairement le même alliage). Cette approche, plus proche de la tradition horlogère et coutelière suisse, explique en partie l’écart de finition remarqué par les testeurs entre le Victorinox et les deux Leatherman, pensés davantage pour la polyvalence robuste que pour l’optimisation fine de chaque composant.

L’entretien de l’acier suit la même logique que pour un couteau classique : un passage régulier au chiffon sec après un usage humide évite les débuts de corrosion, même sur un acier inoxydable réputé résistant. Sur les tournevis, un jeu d’embouts qui s’use visiblement (arrondi sur les bords plutôt que net) mérite d’être signalé même si l’outil reste globalement fonctionnel, un embout usé finissant par abîmer les vis sur lesquelles il s’applique plutôt que l’inverse. Un test simple à la maison, couper une dizaine de mètres de corde ou de carton d’affilée, donne une idée fiable de la tenue de tranchant d’une lame avant de partir sur le terrain. Ce même réflexe d’entretien régulier du matériel vaut aussi pour l’ensemble du kit de survie 72h, pas seulement pour l’outil qu’on sort le plus souvent.


Leatherman Sidekick

Le Leatherman Sidekick pèse environ 198 g pour une longueur fermée de 9,6 cm et une lame de 6,5 cm en acier 420HC. Le mécanisme de verrouillage liner-lock, une barre interne qui se cale derrière chaque outil déployé pour le bloquer, produit un « clic satisfaisant et rassurant », un détail qui inspire confiance malgré le positionnement d’entrée de gamme. Le fourreau nylon inclus permet un rangement rapide à la ceinture.

Les limites restent cohérentes avec l’investissement demandé : l’ouverture de la lame à une seule main reste peu pratique, « plus facile et confortable à deux mains » selon le testeur, et le coupe-fil « a tendance à écraser les petits fils avant de les couper », demandant plus d’effort sur les fils épais. Pour un premier multitool ou un usage de secours en complément d’un outil plus complet, le Sidekick reste un choix recommandé par le testeur consulté.


Leatherman Wave+

Le Leatherman Wave+ pèse 241 g pour 18 outils au total, avec des coupe-fils remplaçables une fois usés, un détail qui prolonge nettement la durée de vie utile comparé à des lames de coupe fixes. « Chaque outil s’ouvre et se ferme avec une précision quasi sans friction » selon le test consulté, et les pinces « maintiennent une prise robuste » même sur des travaux exigeants.

Plus lourd et plus encombrant que d’autres modèles de la gamme, sans pince à ressort ni clip de poche, le Wave+ reste néanmoins le choix recommandé pour les bricoleurs réguliers et les aventuriers qui veulent un outil fiable sur plusieurs années plutôt que le plus léger possible. La garantie Leatherman de 25 ans renforce cette vocation d’investissement long terme plutôt que d’achat ponctuel. Rangé aux côtés d’un bon couteau, il complète naturellement le duo d’outils qui couvre l’essentiel d’un bivouac, un sujet détaillé dans notre comparatif des outils bushcraft (couteau, hache, scie).


Victorinox SwissTool Spirit Xc

Le Victorinox SwissTool Spirit Xc pèse 210 g pour une longueur fermée de 10,4 cm, avec des poignées pré-courbées pensées pour un meilleur confort de prise en main. Livré avec un étui en cuir, il affiche une finition « polie et lisse » saluée par le comparatif consulté (mené sur le modèle Spirit X, qui partage le même corps et le même mécanisme que le Xc), avec un coupe-fil intégré aux pinces jugé « très bon ».

Noté 69/100 et classé 6e sur 20 dans ce même comparatif OutdoorGearLab (toujours sur le Spirit X), le Victorinox reste « un produit solide » que les testeurs recommandent « sans hésiter », mais le verdict est nuancé : il faut « justifier l’investissement » face à des Leatherman jugés plus pratiques au quotidien, et son poids plus élevé, sans possibilité d’embouts externes interchangeables, le rend « trop lourd pour beaucoup de monde » en usage randonnée ou bikepacking léger. La fermeture velcro de l’étui, moins sécurisée qu’un système à pression, complète la liste des points à connaître avant d’acheter.


Un multitool intégrant une lame relève de la même catégorie D que n’importe quel couteau de poche : achat libre pour un majeur, détention sans problème chez soi, mais port soumis à un motif légitime dès qu’il quitte le domicile. La randonnée, le bivouac, le bricolage ou l’entretien d’un véhicule comptent parmi les motifs reconnus, tant que l’outil reste rangé dans un sac ou une trousse plutôt qu’exposé sur soi.

La règle change en ville : porter un multitool à la ceinture ou en poche visible sans lien avec une activité identifiable expose à la même contravention de 4ᵉ classe (article R.317-11 du Code de la sécurité intérieure) que pour un couteau de survie. Le ranger dans le sac dès la fin de la sortie, comme n’importe quel outil à lame, reste le réflexe le plus simple pour éviter toute ambiguïté lors d’un contrôle.


Entretien, ce qui prolonge la durée de vie

Un multitool encaisse beaucoup d’usage mais reste sensible à l’humidité stockée en continu : le rincer à l’eau claire après un usage salissant (boue, sable, eau salée) et le sécher avant de le ranger évite la corrosion des articulations, même sur un acier inoxydable réputé résistant. Une goutte d’huile légère sur les axes de rotation, une à deux fois par an selon la fréquence d’usage, garde les outils fluides et évite le grippage progressif des mécanismes. Un nettoyage plus complet une à deux fois par an, en démontant les éléments qui le permettent selon les instructions du fabricant, retire l’accumulation de poussière et de résidus qu’un simple rinçage ne délogera jamais complètement, en particulier au niveau des charnières des pinces.

Sur les modèles à coupe-fils remplaçables comme le Wave+, changer la lame dès qu’elle peine à couper proprement plutôt que d’attendre qu’elle soit totalement émoussée prolonge la durée de vie de la pince elle-même, qui compense moins d’effort une fois la lame réaffûtée.


Ce qu’on nous demande souvent

Un multitool remplace-t-il un jeu d’outils complet ?
Pour un usage occasionnel et des réparations simples sur le terrain, oui largement. Pour un montage ou une réparation complexe à la maison, un jeu d’outils dédié reste plus efficace : la portabilité reste l’atout du multitool, le confort d’usage prolongé celui du jeu d’outils dédié. Essayer de serrer une dizaine de boulons sur une réparation de vélo complète avec des pinces de multitool à l’étroit fait vite comprendre la limite : l’outil dédié reste préférable dès que la tâche devient répétitive ou lourde.

Un multitool a-t-il sa place dans un kit d’urgence voiture ?
Oui, c’est même l’un des objets les plus polyvalents à y intégrer : pince pour dégager un débris, tournevis pour une réparation de fortune, lame pour couper une ceinture de sécurité coincée. Notre guide du kit d’urgence voiture détaille le reste des essentiels à garder dans le coffre.

Peut-on emporter un multitool en avion ?
Non, la lame le classe systématiquement parmi les objets interdits en cabine. Il doit voyager en soute, dans les bagages enregistrés, une contrainte à anticiper avant un déplacement en avion.

Quelle différence entre un multitool et un couteau suisse classique ?
Le couteau suisse classique mise sur la compacité et un usage quotidien léger (ciseaux, tire-bouchon, petite lame), quand le multitool intègre une pince fonctionnelle à part entière, l’outil central qui distingue les deux catégories pour des tâches plus mécaniques.

Que faire si un outil du multitool casse ?
Chez Leatherman, la garantie de 25 ans couvre la réparation ou le remplacement de la plupart des pannes de fabrication, y compris sur un modèle d’entrée de gamme comme le Sidekick (hors usure, corrosion ou mauvais usage, et réservée au premier propriétaire). Chez Victorinox, la garantie reste plus classique et ne couvre pas l’usure normale liée à un usage intensif, un point à vérifier auprès du vendeur avant l’achat.

Faut-il huiler un multitool neuf avant la première utilisation ?
Ce n’est généralement pas nécessaire, les fabricants livrant leurs outils déjà lubrifiés en sortie d’usine. Un premier entretien complet après les premières semaines d’usage, une fois la lubrification d’origine partiellement évacuée par l’utilisation, reste plus utile qu’un geste préventif dès le déballage.

Vaut-il le coup d’acheter un multitool d’occasion ?
Pour un Leatherman, la prudence reste de mise : la garantie de 25 ans ne couvre que le premier propriétaire, donc un achat d’occasion perd cet avantage. L’axe des pinces reste le point d’usure principal à vérifier avant d’acheter, garantie ou non. Un Victorinox d’occasion a moins d’intérêt vu l’écart de prix plus resserré avec le neuf et une couverture tout aussi limitée sur les pièces d’usure.


Notre choix selon ton usage

Premier investissementLeatherman Sidekick, solide pour débuter sans se ruiner
Meilleur polyvalentLeatherman Wave+, fiable sur plusieurs années, garantie 25 ans
Investissement premiumVictorinox SwissTool Spirit Xc, finition et accessibilité des outils

Le choix dépend surtout de la fréquence d’usage et du type de tâches à couvrir. Pour un premier multitool ou un usage ponctuel, le Sidekick couvre largement le besoin. Pour un usage régulier où la fiabilité prime, le Wave+ reste la référence de la catégorie. Et pour qui privilégie la finition et l’accessibilité de chaque outil, quitte à accepter un poids plus élevé, le Victorinox reste le choix le plus abouti. Un bon multitool complète naturellement un couteau de survie plutôt que de le remplacer, les deux outils couvrant des usages différents sur le terrain. Pour un usage précis, quelques repères aident à trancher plus vite : un randonneur qui compte les grammes penchera vers le Sidekick, un bricoleur régulier vers le Wave+, et un passionné de belle mécanique vers le Victorinox, où chaque détail de finition compte autant que la fonction elle-même. Beaucoup d’utilisateurs réguliers finissent par posséder deux multitools plutôt qu’un seul : un modèle robuste laissé en permanence dans le sac de randonnée, et un second plus compact gardé dans la voiture ou sur soi au quotidien. Cette approche évite le dilemme de devoir choisir un seul outil pour des usages très différents.

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